L'ESPOIR

 

    J'aimerais construire un barrage pour arrêter le flots des secondes qui noient le restant de ma vie en emportant dans son tourbillon mon seul réconfort, l’espoir. Guerrières sans pitié, elles précipitent mon désespoir et me condamnent sans nul autre forme de procès à me sacrifier sur l’autel de la mort.

 

   Ah les secondes ! inépuisables et insatiables cannibales, elles sautent en cohorte sur les restes de mes illusions en dévorant les fils qui tissèrent le voile de mon espérance, le réduisant ainsi en lambeaux.

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  Ce voile, qui protègea ma solitude et mon coeur meurtri, se perce et se disperse dans les brumes mélancoliques de mon âme, déchiré rageusement par les flèches de ces amazones à la solde du temps.

 

    Pourtant doux au touché de mes envies, parfumé à souhait par les encens de mes désirs, imprimé des aquarelles de mes rêves et des desseins de mes ambitions, il se vide de son essence dont s’abreuvent ces secondes pour laisser à leur gloutonnerie les cadavres des motifs de mon existence.

 

    Mon espoir n'est plus qu'un fil à la recherche de sa trame. C'est un cil qui brûle l’œil de mon âme, l’aveugle de souffrance. Sa douleur est si forte qu’elle le noie par dépit en l’inondant des larmes de son impuisssance