MA MAISON

 

 

        Ma petite maison , près de l'étang, est si belle que son reflet dans l'eau en est jaloux. Il a beau invoqué les nuages gris sale, rien y fait. Elle resplendit. Le matin, elle s'étire  lorsque j'ouvre les volets, toute encore endormie,  les murs léchés  par des veloutes de brouillard qui la caresssent et emportent ses songes

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      Ma  petite maison s'épanouit dans la nature. Elle est trés conciliante avec les éléments. Elle résiste bien aux coups de butoir du vent violent , même s'il défrise de temps en temps sa toiture. Elle le nargue souvent car elle sait qu'elle est entretenue. Cependant  elle préfère la brise qui la rafraichit lorsque les rayons du soleil brûlent de trop ses murs.

 

       Ma petite maison aime se jouer de l'ombre et de la lumière et se donne des genres.Un jour, elle assombrit tel pan de sa façade et fait rejaillir en même temps tel autre, ce qui lui change sa silhouette, toujours à son avantage.

 

       Ma petite maison aime s'aérer et s'ouvre à quiconque le désire. Elle aime être pénétrer , sans violence, tout en douceur, sans vulgarité. La découverte de son moi la ravit. Le glissement des pas, le trottinement des bêtes , les murmures, les cris, les craquements et autres bruits la comblent d'aise. Elle adore se sentir habiter . Elle refuse le vide. Cest une bonne vivante.

 

     Ma petite maison  n'est pas pimbêche. Elle s'accommode trés bien de ses voisines, bien qu'elle les toise d'une hauteur.  Elle est construite sur une butte. Les autres lui en veulent. Elles lui tournent  leurs  portes et leurs fenêtres. Elle en rit. Les voisines se gêlent les volets . Elles exposent leurs atours à l'ombre, à l'humidité.

 

     Ma petite maison me ressemble. et se mimétise avec mes pensées. De temps en temps elle se sent lourde et se demande si son siège va résister.  Ses peintures s'écaillent  et elle soupire sur les avatars de l'âge. Elle ne supporte pas que je prononce le mot restauration et préfère embellissement . Elle laisse  pénétrer le vent pour balayer la poussière de ses angoisses métaphysiques. 

 

     Ma petite maison, c'est tout moi. Et pourtant c'est mon toit. A toi, je t'écris ce poème car je t'habite et j'en suis heureux.