OMBRE SOMBRE

  • Je l'ai rencontré , un soir , au bord dela mer, prés du port de Nice. Il était blond, et ses yeux reflétaient le grand bleu de la Méditarrannée.

 

  • Tout habillé de noir, il était grand . Quand il élevait ses mains vers le  ciel, ses doigts effilés semblaient  carresser la lune. Son regard , alors, se chargeait de nuages et son âme s'abandonnait dans les ténèbres de ses souvenirs

 

 

 

  • Il m'apparut ainsi.

 

 

  • Plus graves furent ses paroles. Un feu de lave brulait l'espoir qui l'habitait.Son tourment le dévorait, lui laissant de chimériques oripeaux , pour se protéger contre les intempéries de l'existence. Le passé le tenaillait , son présent  se construisait de bric et de broc et le futur en perspectives délabrées. 

 

 

  • Vivre le jour et ne pas se laisser mourir la nuit. Combler le vide de son existence par un mode de vie invivable. Donner son corps pour ne pas donner son âme. Assouvir les fantasmes des autres en abandonnant  les siens. Se fuir , s'oublier dans les bras de l'autre, sans demander de retour. C'était sa défense, son imuinité contre ses semblables.

 

 

  • La mer était sa seule compagne . Elle lui  parlait. Il aimait la pénétrer, son seul acte d'amour. Il lui consacrait beaucoup de son temps. Il s'immergait dans l'espoir de disparaitre mais son corps le ramenait à la surface.  Il se sentait impuissant à s'en séparer. La vie le tenait prisonnier.

 

 

  • La chaleur, incapable pourtant de réchauffer son coeur, le rassurait . Le froid ravivait ses angoisses. Aucune parole ne pouvait l'embraser

 

 

                                C'était un homme blessé.  

 

  • Il parlait souvent de cabane, mot magique résumant son adolescence. Pour lui, maléfique dans son usage, pour les autres excitant. Il l'utilisait comme mot de passe.   

 

 

  • Elle n'existait que dans son imaginaire. Le mot teintait à son oreille comme le son du gong annonçant l'ouverture des festivités. Le message était rapidement capté. Trés tôt, il avait su se vendre. La cabane ne représentait pas un toit pour lui, ni un refuge pour se retrouver mais un bordel dans lequel il se prostituait. Il s' était habitué à devenir un jouet de concupiscence et s'adonnait au plaisir de donner cette jouisance qui le rendait méprisable aux yeux des autres.

 

 

  • Se faire prendre avec violence , se faire posséder , c'était son crédo une prière qu'il s'adressait . Il se dépossédait de son corps. 

 

 

  • Il ne croyait pas en lui, il ne croyait en personne.

 

 

  • Une ombre sombre se donnait à la noirceur des désirs des autres.

 

 

 

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