PAUSE

 

     Qu'il est doux de prendre le temps de s'arrêter, de respirer au rythme de sa respiration, assis par terre, sur un banc, n'importe où.  C'est si rare à notre époque . Se reposer est un travail et requiert de l'assuidité, de l'intelligence et une grande facilité à gérer son temps.

 

    Je me demande même si notre cerveau n'est pas mis à rude épreuve. Il faut d'abord penser à se reposer. Ce n'est pas naturel. Voilà qui est désolant et ne permet pas au repos de s'épanouir car il est soumis à de nombreuses conditions.

 

     L'une des plus importantes est de le vouloir après y avoir pensé.  Je ne parle pas du repos après une grosse fatigue, une maladie ou le travail.

 

  Je parle d'un repos cadeau bonheur qui remplacerait avanteugeusement tous les présents  que vos proches vous offrent pour les évènements anodins et importants de votre vie.

 

  Il est impératif qu'il soit vécu  dans la plus grande discrétion, loin des importuns qui ne pourraient pas comprendre votre envie de rester seul. Eloigner tous les agités même les plus sympathiques car ce sont des serials killers de cet état divin.

 

  Divin n'est peut-être pas aussi  le meilleur terme choisi, les dieux qu'ils soient grecs romains ou contemporains mènent toujours des vies agitées, compliquées, à croire qu'ils s'ennuient dans leur Olympe ou leur Paradis. Non, je préfère parler de farniente, mot inventé par les italiens, toujours prêts à qualifier gracieusement toutes situations qu'ils sont incapables de maîtriser.

 

  Le repos ne se donne pas à n'importe qui et ne se partage que quand il est éternel mais là c'est une autre histoire.