THE KING' ROAD

 

 

      Je roulais sur la King's Road en Jordanie. Je ne savais plus si mon véhicule avançait dans le temps. Le paysage traversé se déshabillait de ses habits du présent pour endosser ceux du passé  au fil des kilomètres.

 

    Cette route en bitume remontait les siècles en épingles,  les descendait aussi vertigineusement en zizaguant  puis s'épuisait en lignes droites dans les millénaires. Pourtant tout me rappelait le présent.  Sortie de nulle part, je croisais la vie.

 

    Et cette vie, je la percevais devant moi, dans un autre monde parallèle, transposé. Mirage ou réalité. le peuple d'Edom était là me regardant passer. Je sentais sa présence et il semblait me percevoir. Nous avions beaucoup de choses à nous raconter mais nous ne pouvions que nous voir.

 

  Je laissais les fenêtres ouvertes pour m'imprégner de l'étrangeté de cette atmosphère et je ne désirais surtout pas la disparition de ces instants magiques. 

 

   La Mer morte, le royaume de Jordanie, le royaume d'Israël, Le mont Nebo, Edom, Mahomet, David, Moïse, le Roi Hussein II, La Palestine, Sharon, Netanyahou,  Jésus, tous ses noms me tournaient la tête et dansaient sur le tempo d'une musique minimaliste qui se joue toujours, intemporelle , sur les thèmes  de la souffrance, des désirs de puissance  de petits états et de l'incommunicabilité voulue et exagérée entre des peuples cohabitant depuis des millénaires.  

 

    La King's road déferle et déferlera toujours vers la Mer Morte.  Indifférente à ces rancoeurs millénaires, cette route vit sa vie, suit la mode du moment en s'habillant de bitume et trace sa voie pour plus de liberté, d'amour et de rapprochement entre nous afin de pardonner  à nos ancêtres leurs errances puisque parait-il nous descendons tous d'Abraham.